Vue sud-ouest de l'abri-sous-roche après rebouchage 2011 (photo : © Gregor Marchand, 2011)
Périodes
Types de vestiges

En 1983, le collège de Huelgoat organise une exposition sur l’archéologie locale. À cette occasion, M. et Mme Mazurier signalent l’abri-sous-roche de Kerbizien situé sur leur propriété dans la forêt de Huelgoat. La découverte du site s’est faite à la pointe du bulldozer de M. Mazurier qui souhaitait aménager son jardin. Ce site mésolithique est l’objet de sondages et de fouilles à trois reprises de 1984 à 2011.

Des fouilles

Jean-Michel Moullec a l’opportunité d’effectuer des sondages à deux reprises en 1984 et 1985. La majorité du mobilier lithique qu’il rencontre dans l’abri le fait dater du Mésolithique. Il en sort également quelques silex à dos rectiligne du Néolithique ainsi que des scories datées du Moyen-Âge. Grégor Marchand effectue une fouille programmée en 2011 à Kerbizien afin d’étudier la stratigraphie de l’époque Azilienne. Les observations et le mobilier recueillis sur le site modifient l’image de cette période pour le centre Bretagne.

Des pierres parlantes

L’abri-sous-roche de Kerbizien a une ouverture de 9,50 m pour une profondeur de 5,50 m avec une hauteur sous plafond d’environ 2,80 m. Les 16 m2 de surface habitable ont été plus ou moins arrangés par les occupants successifs, taillant les blocs de pierre in situ et optimisant l’intérieur de la caverne.

Parmi les pierres taillées, le silex est celle trouvée en plus grand nombre. Viennent ensuite l’ultramylonite de Mikaël, la calcédoine du clos ou le microquartzite de la Forest-Landerneau. L’analyse de ces pierres, et notamment de leur provenance permet de donner une échelle de déplacement pour à cette époque d’environ 50 km.

Une caverne-relais

Les techniques hétéroclites de débitage des pierres, l’abandon sur place d’un silex noir - rare dans cette région - invitent à penser que l’abri-sous-roche de Kerbizien est une caverne-relais. Il peut être mis en réseau avec d’autres abris de la région : à 21 km au nord-ouest à Guiclan (Roc’h Toul) ; à 45 km à l’ouest à Plougastel-Daoulas (Rocher de l’impératrice).

La structure de l’abri-sous-roche de Kerbizien vient étayer cette théorie par son agencement fonctionnel original. L’intérieur ne permet pas une occupation de longue durée, d’autant plus pour la période du mésolithique qui connaît les derniers chasseurs-cueilleurs. Mobiles, ils font une reconnaissance minutieuse des lieux avant d’y chasser, adaptant ou réparant leurs outils dans des abris temporaires.

  • G. Marchand, J-L. Monnier, F. Pustoc’h, L. Quesnel, Un visage original du Tardiglaciaire en Bretagne : les occupations aziliennes dans l’abri-sous-roche de Kerbizien à Huelgoat, Paléo, 25, 2014
  • G. Marchand, N. Naudinot, Tous aux abris ! Les occupations du Paléolithique final et du Mésolithique dans les cavités naturelles du Massif armoricain, dans Bulletin de la Société préhistorique française, 112, 2015, pp. 517-542