Allée couverte de Coet Correc, Mur-de-Bretagne
Périodes
Types de vestiges

L’allée couverte a connu plusieurs vies, plusieurs phases de constructions, de destructions partielles et de reconstruction.

A la base

Il s’agit d’une allée couverte à entrée latérale dont l’accès à la chambre se fait grâce à une ouverture en chatière, comme pour l’allée couverte voisine de Corn er Hoet en Caurel. La longueur totale du monument mûrois est de 16 m dont 10,50 m pour la chambre funéraire. Il est possible qu’un tertre ait existé, de forme rectangulaire ou de losange de 24 m sur 8 m. Ce sont les dalles de schistes en périphérie du tertre hypothétique qui donne ces indices, mais malgré deux campagnes de fouilles en 1984 et 1985 par Charles-Tanguy Le Roux, il n’y a aucune trace archéologique certaine sur son existence.

Christianisation tardive

Le propriétaire du terrain en 1904 construisit un calvaire monumental au-dessus de l’allée couverte. Erigé en pierres sèches, il était surmonté d’une grande croix en bois. La construction a fait beaucoup parler d’elle à l’époque et elle se retrouve sur beaucoup de cartes postales anciennes.

Le sommet du calvaire fut détruit rapidement après sa mise en place, et lors du classement de l’allée couverte dans les années 1950 elle n’existait plus. Au début des années 1980, l’arche du calvaire s’est en partie effondrée sur l’allée couverte, mettant alors en danger sa préservation. Les dalles de couvertures enfouies sous les pierres de construction ont commencées à se fendre déclenchant alors un programme de fouilles de sauvetage.

Etude et reconstruction

Avant les campagnes de fouilles de Charles-Tanguy Le Roux, l’allée couverte avait déjà été étudiée. En 1870, l’abbé Collet, vicaire de Saint-Aignan explora le monument funéraire, ou tout au moins sa chambre. Le mobilier qu’il a retrouvé (charbon, tesson de poterie et une pointe de flèche en silex) est aujourd’hui perdu. Il fait également une brève description de l’allée couverte dans le Bulletin de la société polymathique du Morbihan.

Les fouilles de Charles-Tanguy Le Roux permirent de confirmer la présence d’un dallage en schiste dans la chambre funéraire ainsi que d’établir le plan précis de l’allée couverte. Il a mis en avant également l’ouverture en hublot (ou chatière) et confirmé l’existence de petites sépultures de l’âge du Bronze à proximité. Ce dernier élément indique une réutilisation du site à des périodes éloignées chronologiquement.

Après ces deux campagnes de fouille, le chercheur a fait consolider et restaurer l’arche du calvaire et l’allée couverte. Les constructions utilisant cette technique en pierre sèche sont relativement rare en Bretagne pour conserver les témoignages historiques de ce savoir-faire.

Propriété publique.

Site accessible au public.