Kerrivalan, Plélauff
Périodes
Types de vestiges

Bien que connue et décrite depuis 1883, l’allée couverte de Kerrivalan fut oubliée. Elle a été redécouverte en 1972 par Jean Lody, photographe et prospecteur amateur de Rostrenen. En 1974, dans le cadre de ses recherches sur la présence néolithique en centre Bretagne, Charles-Tanguy Leroux fouille l’allée couverte.

La fosse soyeuse

Il est apparu assez rapidement que le monument funéraire était plus grand que ce que laissait entrevoir les pierres visibles. D’une longueur totale de 11 m pour 2 m de large, l’allée couverte se divise en deux parties : l’antichambre d’une longueur de 2 m, et la chambre funéraire de plan rectangulaire. Le tout possédait un dallage en pierre de schiste, ré-enfouie à la fin des fouilles afin de les préserver.

Le plan de la sépulture a pu être dégagé grâce aux traces laissées dans les sous-sols suite à l’extraction de certaines pierres par des carriers, à une époque non-déterminée. L’allée couverte est à entrée latérale, ici au sud du monument. La séparation entre l’antichambre et la chambre se fait par une chatière, similaire à celle que l’on peut voir à Coet-Correc à Mûr-de-Bretagne. Composée originellement de deux pierres, seule une subsiste mais la présence de la seconde est confirmée par la fosse d’arrachement.

Lieu de mémoire et mémoire du lieu

Parmi le mobilier retrouvé sur le site ou autour, il est a noter quatre haches polies en dolérite de type A n’ayant vraisemblablement jamais servies. La découverte de tessons de céramiques permet de dater le site par son étude stylistique. Il est combiné avec le radiocarbone pour affiner les estimations. Ce dernier confirme ce que la poterie de style campaniforme laissait présager, c’est-à-dire une dernière utilisation du site à la fin du IIIème millénaire avant notre ère.

La comparaison de ce site avec d’autres similaires permet de dégager une idée de sa place dans le paysage néolithique. Dans une phase de transition entre le Néolithique et l’âge du Bronze, appelée Chalcolithique, l’allée couverte de Kerrivalan marque une continuité entre ces deux périodes. Potentiellement à mettre en relation avec le site des ateliers de Sélédin à Plussulien, exploités pour la dolérite de type A, les sites sont contemporains l'un de l'autre.

Propriété privée

Site inaccessible au public

J. Briard, Les Tumulus d'Armorique, éd. Picard, Paris, 1984

C.-T. Le roux, « L’implantation néolithique en Bretagne centrale », dans Revue archéologique de l’Ouest, 1, 1984, pp. 33-54

C.-T. Leroux,  L'outillage de pierre polie en métadolérite du type A. Les ateliers de Plussulien (Côtes d'Armor) : Production et diffusion au Néolithique dans la France de l'ouest et au-delà,  PUR, Rennes, 1999