Périodes
Types de vestiges

Durant l’hiver 1969-1970 un talus est arasé au lieu-dit Saint-Houarno dans la commune de Langoëlan. Le propriétaire, exploitant agricole, laboure cette partie pour la première fois, et accroche un bloc de granite avec son engin. Remarquant la présence d’ornementations, il prévient la mairie qui fait remonter l’information jusqu’au Service Régional d’Archéologie.

Art abstrait

En octobre 1970, après la fin des récoltes, Charles Tanguy Le Roux et J. Briard, archéologues, ont effectué les fouilles de sauvetage avec l’aide de François Le Provost, prospecteur bénévole. Le bloc orné sur une seule face, de forme irrégulière, est en granite local. Ses dimensions sont de 2,80 m par 2,30 m pour une épaisseur de 50 cm et un poids d’environ 5 tonnes.

Les ornementations sur la pierre sont diverses et sont organisés dans leur placement. Des cupules de tailles variées y sont gravées. Les plus petites sont organisées en lignes. Certaines qui sont de formes allongées peuvent être associées à des empreintes de pied et sont dites pédiformes. Enfin des cannelures sont visibles et s’ordonnent avec les cupules.

Sous la pierre, la fosse : Après avoir déplacé, non sans mal, le bloc de granite, les chercheurs ont découvert une fosse de 2,40 m sur 65 cm pour une profondeur allant jusqu’à 80 cm. Orientée sud-ouest/nord-est, elle ne comportait pas de parement en pierre et s’était en partie affaissé sous le poids de la dalle de couverture. Cependant, des traces de bois décomposé au fond de la fosse indiquent qu’il y a eu, si ce n’est un cercueil, au moins un plancher de protection. La pierre gravée devait donc servir de couverture à une sépulture.

Une fine couche de charbon a été prélevée permettant une datation au radiocarbone qui confirme la période de construction du monument funéraire à l’âge du Bronze, aux environs de 1450 avant notre ère. Des tessons de céramique appartenant à un même vase ont été également retrouvés dans la fosse et sont caractéristiques de cette période.

Mystère et boule de gomme

Bien qu’il soit tentant de chercher une signification aux ornementations de la pierre, il faut rester prudent, car nous n’avons aucun écrit de l’époque pour nous aider à comprendre ces communautés de l’âge du Bronze. De plus, quelques doutes, même s’ils sont très faibles, peuvent subsiter quant à leur datation exacte. La pierre gravée a-t-elle été réutilisée à l’âge du Bronze ? Les gravures sont-elles réalisées après l’érection du monument ?

Les indices suggèrent qu’elles sont certainement contemporaines du monument et qu’elles ont été faites une fois la pierre en place. Sa position par rapport au niveau du sol indique qu’elle a probablement été recouverte de terre. Tout l’intérêt de la tombe de Saint-Houarno réside dans la fouille qui a pu être réalisée : elle a pu être étudiée dans son contexte, avec des relevés précis, des échantillonnages de charbon, un tamisage de la fosse et du talus arasé.

Dalle ornée de Saint-Houarno
Dalle ornée de Saint-Houarno
Dalle ornée de Saint-Houarno

Propriété privée.

Dalle visible en bordure de route, à 50 m de la chapelle de Saint-Houarno.

J. Briard, « Langoëlan (56). Saint-Houarno », Rapport de fouille préventive, SRA, Rennes, 1971

C.-T. Le Roux, « Une tombe sous dalle à cupules à Saint-Ouarno, en Langoëlan (Morbihan) », Annales de Bretagne, T. 78, 1, 1971