Estelle Yven1999
Périodes
Types de vestiges

Le site de Keristen 2 et ses confrères des alentours (Keristen 1 et 3, Kerrunet 1,2 et 3) sont des gisements de surface découverts en 1999 par Estelle Yven suite à une prospection au sol. Ce ne sont pas moins de 473 pièces, composées essentiellement de silex et de phtanite, qui ont été trouvées sur le site.

La fin de la suprématie du silex ?

Parmi les pierres taillées retrouvées, 67% sont des phtanites, la roche locale, le silex ne représente que 30% du mobilier lithique récolté. Ce silex est d’origine régionale et se trouve à une distance de 40 km du site de Keristen 2. Il est complémentaire à la phtanite en favorisant une production plus intensive de lamelles.

D’autres matériaux que le silex sont plus proches géographiquement, comme le microquartzite-calcédonieux, mais sont pourtant utilisés dans une moindre mesure. Ces pierres peuvent témoigner d’échange ou de relation avec un groupe plus éloigné du fait de leur caractère presque anecdotique.

Malgré tout, le silex conserve son statut de pierre usuelle bien que la roche locale soit en quantité suffisante pour répondre aux besoins. Les hommes auraient conservé une homogénéité dans leurs outils et productions, même si elle est moins économique. L’utilisation du silex dans ce schéma peut nous indiquer un choix culturel mais également une pratique économique de la matière.

Un site invisible

Keristen 2 est un site de gisement de surface, c’est-à-dire qu’il n’est composé que du mobilier lithique qui a été retrouvé suite à la prospection. Cependant, mis en relation avec d’autres sites mésolithiques proches géographiquement, des études comparatives et complémentaires peuvent être effectuées.

Les chasseurs-cueilleurs du Mésolithique se déplacent de manière cyclique et après avoir épuisés les ressources de la zone dans laquelle ils se trouvent, partent vers un autre lieu. Chaque site est occupé de manière unique semble-t-il et couvre une zone de confort d’une quarantaine de kilomètres de long sur quelques kilomètres de large.

Les sites de « transition » suggèrent que les zones sont attribuées à des groupes que nous pouvons reconnaitre et définir uniquement par la technique et la composition du mobilier lithique. Les raisons qui les poussent à ne pas aller au-delà d’une certaine frontière restent encore inconnues (culturel, confort, territorial), mais ces limites n’empêchent en rien les échanges entre les groupes, comme l’indique la présence de certaines pierres parfois lointaines.

Estelle Yven1999

P. Gouletquer, Y. Pailler et E. Yven, « Le mésolithique dans le Finistère : aspects géographiques de la question », dans Haute-Normandie Archéologique, t.14, 2009, pp. 73-82