Penfoul
Périodes
Types de vestiges

Durant les années 70 et 80 plusieurs découvertes archéologiques de l’Âge du Bronze sont réalisées dans les communes proches de Landéleau. La présence de deux buttes semblant être des tumulus à Penfoul amène les archéologues du CNRS à programmer une campagne de fouille en 1980, menée par Jacques Briard.

Une nécropole sans tumulus

Assez rapidement après le début des fouilles, les archéologues se rendent compte que l’organisation et la structure de la nécropole ne correspondent pas à un tumulus. Deux espaces d’inhumation se distinguent et la présence d’un tertre de faible dimension est évoquée.

Le sol se caractérise par des traces de brûlis parmi lesquelles se mélangent de la cendre d’incinération et des fragments d’os. Une tombelle à coffre contenant plusieurs niveaux de plaques de schiste contenait des ossements calcinés correspondant aux dépouilles de trois enfants. Une urne funéraire lui était directement associée. Leur présence témoigne des conditions de vie difficiles et la forte mortalité infantile qui lui est associée.

Des blocs de quartz, donc de couleur blanche, se trouvaient posés directement au sol. La suite des fouilles montre qu’ils indiquent l’emplacement d’urnes funéraires, directement en dessous ou parfois à une distance respectable de la pierre, probablement déplacée par les travaux agricoles. Les couvercles étaient parfois vaguement taillés pour former un disque et épouser plus ou moins la poterie qu’ils accompagnaient.

Des rites funéraires précisés

La découverte de la nécropole de Penfoul a permis de développer les connaissances quant aux rites funéraires de l’âge du Fer. L’utilisation majoritaire des incinérations qui sont faites sur place, comme le suggère le sol brûlé et qui est associé à un enfouissement des dépouilles.

Des fosses peu profondes destinées à recevoir les cendres des défunts indiquent que toutes les familles n’avaient pas d’urnes funéraires. Cependant les proches pouvaient tout de même déposer les restes après crémation dans la nécropole, montrant ainsi son importance pour conserver la mémoire des défunts.

Le coffre funéraire qui contenait les ossements brûlés des enfants possédait également une pierre ornée de petites cupules. La symbolique de cette décoration est toujours mal connut. Une pierre de quartz a également été travaillée pour figurer une tête humaine dont seuls les cheveux et la bouche sont gravés. Cette sculpture primitive est une des plus anciennes retrouvées en Armorique pour l’âge du Fer.

Landeleau, Penfoul. Urne funéraire en cours de fouille. Cliché J. Briard
Penfoul

Propriété privée.

Site inaccessible au public.

Mobilier conservé au Musée Préhistorique de Penmarc'h (Finistère).

J. Briard, J. Peuziat, A. Puillandre, Y. Onnée, « Une nécropole et un camp de l’âge du Fer à Landéleau (Finistère), fouilles en 1980 », dans Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, 113, 1984, pp. 27-53

J. Briard, « Rites funéraires de l’Âge du fer armoricain : la nécropole de Penfoul à Landéleau (Finistère) », dans Archéologie des Celtes. Mélanges à la mémoire de René Joffroy, éd. Mergoil, Montagnac, 1999

A. Villard-Le Tiec, Y. Ménez, T. Lorho, « Habitats et nécropoles de l’âge du Fer en Centre Bretagne », L’âge du Fer en Europe. Mélanges offert à Olivier Buchsenschutz, éd. Ausonius, Bordeaux, 2013, pp. 245-263